Pression à l’est et au centre d’Alger
Il s’agit bien d’une explosion épidémique de la conjonctivite à propagation virale. Une épidémie, certes pas dangereuse, étant bénigne, mais qui exige un traitement spécifique et une observation stricte des règles d’hygiène pour parer à la contamination.
Si dans la région ouest d’Alger la cadence a sensiblement régressé par rapport aux deux premiers jours suivant la déclaration de la maladie, il en va autrement à l’est et au centre. En effet, le nombre de cas enregistrés au niveau des services d’ophtalmologie des CHU de Bab-el-Oued et, de Nafissa Hammoud (ex-Parnet) est effarant et renseigne sur la célérité du mouvement du virus mis en cause. Les foyers de l’épidémie sont généralement concentrés au sein de groupements urbains à forte densité populaire mais surtout insalubres.
Le Pr Kellou l’aura souligné lors du point de presse qu’il a animé, il y a quelques jours, ces lieux demeurent, en fait des foyers avantageux pour le pullulement du virus.
CHU Parnet : 802 cas enregistrés pour la seule journée de vendredi
L’affluence de malades atteints de la conjonctivite depuis le 8 août, a marqué son pic, vendredi dernier, avec pas moins de 802 cas relevés par les services ophtalmologie.
La forte pression a incité la direction de l’hôpital à recourir au rappel des personnels en congé pour pouvoir faire face à la demande.
Même les services de sécurité ont été sollicités pour imposer “la discipline” au regard de l’anarchie qui s’est installée, nous confiera le Dr Djeffal, directeur de l’hôpital.
Les auscultations se sont poursuivies jusqu’à 2h 00 du matin apprend-on auprès des médecins. Hier, à midi, les derniers chiffres faisaient état de 287 cas recensés.
A 14 heures, les malades affluait encore, peu nombreux par rapport au week-end, mais toutes les prévisions étaient permises tant la chaleur et l’humidité persistaient. Selon le directeur de l’hôpital, la moyenne par jour est située entre 300 et 400 cas.
Les quartiers les plus touchés sont la périphérie d’Hussein-Dey (les Annassers, la Glacière, Diar Djemâa, Oued Ouchaïah) connus pour leur environnement et leur densité populaire. Faut-il rappeler, une fois de plus que ce bilan reste propre au CHU-est, sachant que d’autres cas, nombreux, sont traités par des cabinets privés.
CHU Bab-el-Oued, tendance à la hausse
Au CHU Maillot de Bab-El-Oued, la situation n’est guère meilleure. Hier, aux environs de 14h 30, le bilan ressortait 400 cas de conjonctivite.
Des symptômes de surinfection ont été relevés mais aucun signe de propagation bactérienne n’a été signalé, indiquera le Pr Tiar, chef de service ophtalmologie. Cet hôpital qui connaît une affluence de toutes les agglomérations de Bab-el-Oued et d’autres quartiers d’Alger, en raison de la fermeture du service ophtalmologie du CHU Mustapha endommagé par le séisme du 21 mai dernier, a enregistré 700 cas d’épidémie, vendredi passé. Durant la journée du jeudi 21 août, 610 cas ont été signalés.
Cette pression s’explique, a déclaré le Pr Tiar, par le fait que les gens infectés ont compris qu’il fallait impérativement se faire traiter. La période de traitement s’étale de 10 jours (minimum) à 15 jours.
A l’issue de trois à quatre jours, le malade soigné retrouve un certain confort visuel.
Les signes de l’infection disparaissent. Toutefois, le patient est appelé à revoir son médecin traitant pour s’assurer du rétablissement définitif. Si la cadence, 600 à 700 cas par jour est enregistrée depuis le 22 août au CHU Bab-el-Oued, l’on s’attend normalement à une stabilisation grâce à la campagne de sensibilisation entamée par les médias mais aussi aux directives en matière d’hygiène prodiguées aux malades par les médecins soignants.
“Il faut en parler pour mieux mobiliser les gens sur les détails de l’épidémie et les moyens de s’en prémunir” telle est la recommandation du Pr Tiar.
Les traitements sont disponibles, rassurent les autorités sanitaires
Au moment où l’enquête sur l’origine de l’épidémie n’a pas encore livré son verdict, la propagation du virus évolue à un rythme inquiétant.
En parallèle, l’on parle déjà de rupture de stock de collyre et autres antibiotiques nécessaires au traitement de la maladie d’autant que les statistiques relatives à l’infection ne sont pas maîtrisées pour des raisons que nous avons déjà évoquées.
S’agit-il réellement d’une pénurie ? le Dr Kellou, contacté, hier, s’est montré rassurant. “Les médicaments sont disponibles et nous avons donné instruction aux laboratoires pour approvisionner les pharmacies dans les meilleurs délais. Aussi, nous avons instruit les médecins pour prescrire les antibiotiques existants sur le marché et de les substituer le cas échéant par d’autres disponibles” affirme-t-il.
Le Dr Kellou mettra l’accent sur la nécessité de continuer sur la voie de la sensibilisation pour endiguer l’expansion de l’épidémie.
Par : D. Akila
source:www.elmoudjahid.com