GREVE DES PRATICIENS SPECIALISTES DE SANTE PUBLIQUE / «On veut la mise à mort du secteur»
Posted under ALGERIE by webmaster on Monday 30 September 2002 @ 09:56AM CDT

Le conflit opposant les praticiens spécialistes de santé publique au ministère de la Santé et de la Réforme hospitalière ne semble pas connaître son épilogue. Le SNPSSP entend mener son mouvement de protestation jusqu’à la pleine satisfaction des revendications, la tutelle persiste et signe en disant que tous les points de la plate-forme de revendications sont pris en charge.


Entre les deux, des centaines de citoyens sont pénalisés par une grève illimitée qui apparaît sans aucune incidence sur la tutelle. Le ministère de la Santé et de la Réforme hospitalière n’ a rien fait, à en croire les dires du Dr Yousfi, président du SNPSSP, pour éviter ce débrayage sachant qu’un préavis, de grève a été déposé une quinzaine de jours avant le début de la grève. «Nous n’avons eu aucun contact depuis le dépôt du préavis, sinon des contacts officieux dont les propositions nous ne arrangent pas», signale Dr Yousfi lors d’un point de presse organisé hier au siège du syndicat. Faisant l’évaluation d’une journée de grève, le président du SNPSSP affirme que le mot d’ordre a été largement suivi à travers le territoire national malgré les campagnes de désinformation et de manipulation lancées par l’administration et certains cercles.
«Alger ce n’est pas toute l’Algérie.
Il y a 4500 praticiens spécialistes qui sont répartis sur tout le territoire national. Ils couvrent 182 secteurs sanitaires et sont présents dans 13 CHU. Les praticiens spécialistes sont plus qu’indispensables», dira-t-il. A la question de savoir les raisons du blocage de ce dossier, M. Yousfi ne mâche pas ses mots. Les pouvoirs publics veulent d’une médecine à deux vitesses et veulent priver une grande partie de la population de soins spécialisés dans la santé publique. En un mot : «On veut la mise à mort du secteur de la santé publique», affirme-t-il. En plus clair, les réformes engagées dans ce secteur prévoient, en effet, la création d’hôpitaux et de cliniques privées. Le Dr Yousfi ainsi que des membres du bureau présents à la conférence de presse sont convaincus qu’«un lobby algérois minoritaire (des hospitalo-universitaires) est derrière ce blocage en complicité avec la tutelle. Notre dossier est bloqué au niveau du ministère de la Santé et de la Réforme hospitalière. Le chef du gouvernement a signé le décret portant statut du praticien, qu’attend-on alors pour sa mise en application ? Il est de même pour le statut des établissements ainsi que pour les comités médicaux», ajoute le conférencier, et de préciser : «Ce n’est qu’en Algérie que la dichotomie, spécialistes de santé publique et hospitalo-universitaires, est mise en avant. Dans d’autres pays, les deux corps sont des médecins qui sont appelés à travailleur ensemble sans aucune distinction de l’un ou de l’autre.» Le Dr Yousfi déplore, par ailleurs, que les praticiens n’arrivent à arracher leurs droits que par l’épreuve de force à savoir la grève. D’ailleurs, le dossier a abouti au stade actuel après plusieurs grèves entamées et suspendues pour des négociations. «Nous avons arraché des acquis, mais c’est encore insuffisant», relève le Dr Yousfi. Il dénonce ainsi les tentatives de déstabiliser le mouvement de la part de l’administration ainsi que les menaces de mort anonymes sur sa personne.


Par Djamila Kourta
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