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Posted under SIDA by on Saturday 31 August 2002 @ 04:41AM CDT
Des chercheurs américains travaillant sous la direction du professeur Robert Gallo ont annoncé, lundi 19 août, la mise au point d'un nouveau vaccin expérimental ayant protégé des singes macaques contre plusieurs souches de virus du sida. "Nous avons été capables d'induire la production d'anticorps non spécifiques qui peuvent protéger contre l'infection par plusieurs variantes du VIH", a précisé le professeur Gallo, codécouvreur, il y a près de vingt ans, avec le professeur Luc Montagnier (Institut Pasteur de Paris), du VIH et qui dirige aujourd'hui l'institut de virologie de l'université du Maryland, où ces travaux ont été menés. Face aux multiples annonces prématurées des années 1990, les chercheurs américains émettent de nombreuses réserves sur l'usage qui pourra être fait de leur modèle expérimental. Ils estiment toutefois être sur une piste originale et hautement prometteuse. La plupart des vaccins efficaces contre l'infection de l'organisme par des agents viraux pathogènes sont constitués soit de l'agent lui-même dont la virulence a été chimiquement atténuée (comme dans le cas de la poliomyélite), soit d'un fragment de cet agent (comme pour le virus de l'hépatite B). La piste de vaccin la plus prometteuse, explorée notamment en France par l'Agence nationale de recherches sur le sida, est celle dite des "immunisations thérapeutiques". L'objectif n'est alors plus de prévenir l'infection par le virus mais de vacciner des personnes infectées et de les traiter par des antirétroviraux dans le but de restaurer chez elles une réponse immunitaire forte dirigée contre le VIH. CARACTÉRISTIQUES COMMUNES En quête d'un vaccin préventif, les chercheurs de l'Institute of Human Virology et des laboratoires Advanced BioScience ont travaillé sur un phénomène-clé de l'infection, qui permet au VIH d'entrer dans certaines cellules du système immunitaire, les lymphocytes T4. Cette entrée se fait via deux protéines, l'une virale (la gp 120), l'autre cellulaire (la CD 4). Les gp 120 de toutes les souches de VIH ont des caractéristiques communes leur permettant de se lier au récepteur CD4. Les chercheurs ont créé des combinaisons artificielles de ces deux molécules qui ont induit la production d'anticorps chez des animaux de laboratoire, dont des singes. "Je ne vois aucune raison de croire que l'homme serait une exception. Mais il faut le prouver", a indiqué le professeur Gallo. "Ces travaux démontrent clairement que l'on peut, en immunisant des singes macaques avec la protéine virale de surface associée au premier récepteur cellulaire (CD 4), obtenir in vivo des anticorps neutralisants, ce que l'on croyait impossible chez des primates. Les chercheurs ont vérifié que ces anticorps neutralisants étaient bien dirigés contre l'enveloppe virale et non pas contre la molécule CD4." Pour le professeur Perrin, il s'agit d'une étape importante dans la recherche vaccinale contre le sida.
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