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MÉFAITS DU
TABAC : JUSQU’À L’OS !
Associée à une diminution de la
densité minérale osseuse, la consommation de tabac est considérée
comme un des facteurs de risque de l’ostéoporose. Trois études récentes
ouvrent des perspectives physiopathologiques concernant les mécanismes
de cette association encore mal comprise, et peut-être des voies thérapeutiques.
La relation existant entre le
tabagisme, la perte osseuse et l’absorption intestinale du calcium
a été étudiée chez 402 personnes de plus de 65 ans, hommes et
femmes, recevant ou non une supplémentation en calcium et vitamine
D3.
Dans la population étudiée, la perte osseuse était plus
importante chez les fumeurs, notamment au niveau du col fémoral.
Chez les fumeurs, la fraction calcique absorbée est inférieure de
11 % à celle des non fumeurs (différence significative après
ajustement des autres variables) et l’effet de la supplémentation
vitamino-calcique sur la calciurie des 24 heures est diminué de 44 %.
Le tabagisme semble donc accélérer la perte osseuse corticale
et diminuer l’efficacité de l’absorption du calcium, ce qui
pourrait expliquer certaines ostéoporoses chez les sujets âgés.
Le risque relatif de fracture du col
du fémur a été analysé chez plus de 60 000 femmes âgées de 40
à 76 ans : il existe une augmentation de ce risque de 2,1 pour
les fumeuses et de 1,5 pour les ex-fumeuses. L’analyse du risque
de fracture du col fémoral chez les fumeurs, par comparaison aux
non fumeurs fait apparaître une modulation du risque en fonction de
l’apport de vitamines E et C, ce qui suggère une protection
potentielle des effets osseux du tabac par un apport alimentaire adéquat
de ces mêmes vitamines. Par contre, le bêta-carotène, le sélénium,
le calcium et la vitamine B6 n’ont pas montré d’effet
protecteur.
Une étude concernant 330 enfants pré-pubaires
des 2 sexes a fait apparaître que la consommation de tabac pendant
la grossesse influence la masse osseuse des enfants nés à terme :
chez les enfants nés de mères fumeuses (1 femme sur 2 dans l’étude
rapportée), un défaut de croissance (environ 1,5 cm) et un capital
osseux plus faible (environ 3 % de densité
minérale osseuse) ont été notés. Or, l’acquisition du pic de
masse osseuse dans l’enfance et l’adolescence est un facteur
critique du risque d’ostéoporose.
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