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SIDA
Qu'est ce que le VIH
(Virus de l'Immunodéficience
Humaine) ?
1-
Composition du VIH
Le
VIH est composé d’un noyau contenant un matériel génétique
(que l’on peut considérer comme le cerveau du virus), des enzymes
virales, des protéines... Contrairement à une cellule, le VIH ne
peut pas se reproduire à l’état libre, il a besoin d’une
cellule hôte. C’est un lentivirus car il provoque une maladie à
évolution lente. Son apparence est celle d’une petite sphère
d’environ 1/10 000è de mm, soit 10 000 fois plus petit qu’une
cellule. Le matériel biologique composé d’ARN pour le VIH et
d’ADN pour les cellules. conditionne l’activité biologique de
la cellule ou du virus (son développement, sa reproduction...).
2-
L’invasion de la cellule
L’enveloppe
du virus se fixe à la surface d’une cellule sur une protéine de
la membrane cellulaire qui lui sert de porte d’entrée. Une fois
dans la cellule, le virus perd son enveloppe, libérant ainsi son
noyau. Une enzyme virale, la transcriptase inverse (reverse
transcriptase en Anglais, d’où le nom de " rétro-virus "
employé pour les virus qui utilisent cette enzyme) permet à l’ARN
du virus de se transformer en ADN et ainsi d’intégrer le noyau de
la cellule, lui aussi formé d’ADN. Le noyau de la cellule considère
désormais le matériel génétique du virus comme le sien et son
activité biologique va être détournée au profit du virus. La
cellule va donc se mettre à synthétiser en priorité de nouveaux
ARN viraux et des protéines virales qui permettront la formation de
nouveaux virus. Pour que les virus soient créés, une autre enzyme,
la protéase, découpe les protéines virales synthétisées par la
cellule. La cellule meurt et les nouveaux virus créés se répandent
dans l’organisme pour aller infecter d’autres cellules, et ainsi
de suite… Les traitements actuels utilisent des médicaments (les
antiviraux) qui agissent sur l’activité de ces deux enzymes,
essayant de ralentir, voire d ‘empêcher la réplication du
virus dans les cellules.
3-
Un virus multiple
Il existe à l’origine 2 groupes de virus du sida :
VIH 1 : présent dans le monde entier
VIH 2 : localisé principalement en Afrique de
l’ouest.
La localisation des différents virus évolue car ils sont transportés
par les hommes. Chacun de ces groupes est lui-même subdivisé en
sous-groupes contenant une multitude de virus différents. VIH 1 et
2 se ressemblent en apparence mais il y a plus de 50% de différence
entre leurs matériels génétiques. Cette différence est de 5 à
10% entre des virus d’un même sous-type. De plus, les virus évoluent
dans l’organisme car la transcriptase inverse fait des erreurs
lors de la copie de l’ARN, ce qui cause des mutations. Ainsi, deux
personnes contaminées par les mêmes virus, au bout de quelques
mois, ont dans leur sang des virus différents entre eux, et différents
des virus qui les ont infectées à l’origine. Une même personne
peut donc être porteuse de différents sous-types de virus
(co-infection). Les virus ne se multiplient pas tous à la même
vitesse et de la même façon, n’ont pas la même virulence, ne
s’attaquent pas aux mêmes cibles… C’est pourquoi, par
exemple, deux personnes séropositives doivent continuer à se protéger
entre elles afin d’éviter les phénomènes de surcontaminations
(que ce soit par voie sexuelle ou voie sanguine, voir la partie
transmission), en effet, la multiplication des types de virus et des
mutations diminue gravement l’efficacité des traitements, et
l’irruption dans l’organisme de nouveaux virus excite le système
immunitaire, augmentant l’activité des cellules infectées et
donc la multiplication du virus.
4-La
transmission du VIH
1-
Les conditions de transmission du virus
Le virus est présent
dans les liquides biologiques de l'organisme des personnes
atteintes.
a/ Une
quantité importante de virus
- Chez tous :
dans le sang
- Chez l'homme : dans le sperme, le liquide séminal (qui s'écoule
au début de l'érection)
- Chez la femme : dans les sécrétions vaginales, le lait
Le virus peut se
transmettre par ces liquides. Cependant, il faut qu'il y ait une
quantité et une concentration de virus importantes pour qu'il y ait
contamination.
Ne sont pas contaminant
: la salive, la sueur, les larmes, l'urine... car le virus est présent
en quantité trop faible. Il n'y a donc aucun risque de transmission
dans les activités de la vie quotidienne : embrasser, serrer la
main, partager des objets (verres, vaisselle...) et dans les lieux
publics (piscine, toilettes...).
b/ Une porte
d'entrée
- Muqueuse (les
muqueuses sont les membranes qui tapissent les proies internes des
cavités naturelles de l'organisme : bouche, vagin, rectum...)
-Lors de rapports sexuels non protégés
- Voie sanguine
-Transmission en cas d'utilisation d'une
seringue usagée pour une injection par voie intraveineuse.
-Transmission de la mère à l'enfant pendant la grossesse et
l'accouchement...
- Voie cutanée
-En cas de blessure avec un objet souillé
de sang contaminé
2- La
transmission
a/
Contamination par voie sexuelle
- Pénétration vaginale
ou anale sans préservatif
- Contacts bouche-sexe
ou bouche-anus
b/
Contamination par voie sanguine
- Partage de matériel
d'injection
- Transfusion
sanguine
c/
Contamination de la mère à l'enfant
- Transmission
materno-foetale
5-Evolution de l'infection
1. Contamination
De 0 à 48 heures maximum
Exposition au virus par voie sexuelle ou
sanguine Entrée du virus dans l'organisme.
- Il existe un traitement préventif d'urgence pour tenter d'éliminer
le virus. Contactez les urgences hospitalières (1)
- Pas de dépistage
2.
Dissémination
après 48 heures
Installation du virus dans les ganglions. Très faible concentration
de virus dans le sang
- La prise d'un traitement ne permet plus d'éliminer le virus mais
diminue nettement sa multiplication.
- Pas de dépistage possible.
3.
Primo-infection
entre 10 et 40 jours
Multiplication intense du virus qui devient apparent dans le sang.
Le virus peut être détecté dans le sang mais les anticorps
peuvent encore être absents.
- Dépistage possible du virus par la technique spécifique de PCR.
- L'antigénémie p24 devient positive à partir du 14e ou 15e jour.
- Test Elisa à partir du 21e jour.
- Traitement dit de la primo-infection afin de diminuer la
multiplication du virus le plus tôt possible et d'influer sur
l'avenir médical du patient.
4.
Infection chronique
à partir de 30 jours
Apparition des anticorps anti-VIH détectables dans le sang.
L'infection peut rester de longues années silencieuse.
- Dépistage sérologique.
- Traitement par multithérapie possible dès confirmation sérologique
du diagnostic.
- Surveillance de la charge virale et des taux de lymphocytes CD4.
- En l'absence de traitement efficace, la virémie augmente.
5.
Stade sida
10 ans et plus (2)
Avant les trithérapies, environ 50% des sujets séropositifs développaient
un SIDA dix à onze ans après la contamination. Effondrement des défenses
immunitaires caractérisé par une chute des lymphocytes CD4.
- Une trithérapie peut encore, à ce stade, diminuer la charge
virale et restaurer partiellement les défenses immunitaires.
(1) Toutes
les informations et coordonnées : Sida Info Service : 0 800 840 800
(numéro vert)
(2) La durée séparant la contamination de l'entrée dans la
maladie peut varier énormément selon les individus, en fonction de
leur biologie, du virus, des traitements...
6-Les
modes de protection
1-
Lors des rapports sexuels
Pour éviter la contamination par le VIH lors des rapports sexuels,
l'utilisation des préservatifs est indispensable. Cette protection
doit être maintenue tant qu'une relation stable et durable n'est
pas engagée et que les deux partenaires n'ont pas fait chacun un
test de dépistage. Une fois que l'abandon de l'utilisation du préservatif
est possible et qu'il est décidé par un couple, le risque de
contamination subsiste si des rapports sexuels ont lieu sans
protection avec d'autres partenaires.
- Le préservatif
masculin
- Le préservatif
féminin
2- En cas d'usage de drogue par voie intraveineuse
Le meilleur moyen de protection est l'utilisation systématique,
pour chaque injection, de matériel de préparation neuf et d'une
seringue stérile neuve. La réduction des risques liés aux usages
de drogues par voie intraveineuse est facilitée par la vente libre
de seringues et de trousses de prévention en pharmacie et par la
distribution gratuite de matériel d'injection par les associations
menant des actions de prévention.
[Référence
:"Infection par le VIH et sida" - CFES - Arcat 99]
7-Le
test de dépistage
Avoir recours à
un dépistage constitue un acte volontaire et responsable, nul ne
doit jamais être dépisté à son insu, et plusieurs raisons
peuvent motiver cette démarche.
1- A quel moment ?
Grâce à l’évolution de la recherche et de la prise en charge
des patients, il n’est plus nécessaire d’attendre 3 mois pour
se faire dépister. Le plus sage en cas de prise de risque est
d’entrer en contact le plus rapidement possible avec un service
d'urgence ou un médecin. Dans tous les cas, n’hésitez pas à
interroger vos contacts privilégiés : médecins généralistes,
infirmières, plannings familiaux, associations... Ils sauront vous
accompagner dans votre démarche, vous conseiller et vous orienter.
Le besoin de pratiquer un test de dépistage peut intervenir à différents
moments :
> Suite à une prise de risque (si celle-ci est récente -
moins de 48h, il est important de consulter un service d'urgence ou
un médecin le plus tôt possible) :
- relation sexuelle non protégée
- le préservatif s’est déchiré
- partage d’une seringue ou de matériel d'injection
- blessure avec un objet souillé de sang
Quelle que soit la durée qui vous sépare d’une prise de risque,
il est important de consulter, il existe des tests et des prises en
charges correspondant aux différentes étapes de l’infection.
> Faire le point
- pour savoir où on en est par rapport à l’infection à VIH
- parce qu’au sein d’un couple stable on souhaite ne plus
utiliser de préservatifs
- parce qu’une grossesse est envisagée ou confirmée
2- Comment s’y prendre ?
Il y a 2 façons d’avoir accès à un test de dépistage :
> Par son généraliste
Lors d’une visite chez son généraliste, on peut aborder la
question du VIH et, après examen de la situation, le médecin
pourra prescrire un test qui est remboursé à 100% par la Sécurité
Sociale. Son ordonnance en poche, on se rend dans un laboratoire
d’analyses médicales pour y effectuer un prélèvement sanguin.
Le résultat sera automatiquement adressé au médecin qui se
chargera de vous l’expliquer et de vous prodiguer quelques
conseils pour l’avenir. Des dépistages sont également effectués
dans les centres de planification familiale, les consultations MST.
Renseignez-vous.
> Auprès d'un centre de dépistage
On peut également se rendre dans un Centre d’Information et de Dépistage
Anonyme et Gratuit du Sida (CIDAG). Il y en a au moins un dans
chaque département. On peut y trouver des documents et des
renseignements sur le VIH, mais également y effectuer un test. Pas
besoin d’ordonnance, ni d’être à jeûn et il n’est pas forcément
nécessaire de prendre rendez-vous (se renseigner par téléphone
auparavant). Au cours de l’entretien avec un médecin ou un(e)
infirmier(e), on peut exposer sa situation personnelle et poser des
questions. On étudie alors la nécessité d’un test et, le cas échéant,
un prélèvement sanguin est pratiqué. Le résultat est remis ( en
général une semaine après le test) par un médecin avec lequel on
peut à nouveau évoquer sa situation et envisager les dispositions
à prendre selon le résultat.
3/ Le test
Le sang prélevé est analysé à la recherche de traces du virus :
anticorps spécifiques produits par l’organisme face au VIH, antigènes
portés par le virus... En fonction des résultats du test et du
temps écoulé depuis la dernière prise de risque, le médecin
saura s’il y a infection ou non, et pourra proposer une nouvelle
rencontre. Il est parfois nécessaire d’effectuer un autre test
pour s’assurer que la personne n’est pas au début d’une
infection. Un test négatif trois mois après la dernière prise de
risque signifie que l’on est séronégatif, cela ne signifie pas
que l’on est à l’abri, et il faut continuer à se protéger.
Si le test est positif, on est porteur du virus et on peut le
transmettre. Il est important de se faire suivre régulièrement par
un médecin. Celui-ci pourra prescrire un traitement afin de
ralentir la progression de l’infection à VIH et de prévenir
certaines maladies liées à celle-ci. Ce traitement diminue également
les risques de transmission de la mère à l’enfant en cas de
grossesse.
- Un test négatif ne signifie pas que
l’on est à l’abri d’une contamination. A ce jour : Il
n’existe aucun vaccin contre le sida. Aucun séropositif n’est
jamais redevenu séronégatif. Les traitements prolongent la vie de
nombreuses personnes mais ne les guérissent pas.
8-Les
traitements
1-
Les antiviraux
Il existe aujourd’hui deux familles de médicaments
utilisés dans le traitements de l’infection à VIH. Leur différence
réside principalement dans le fait qu’ils agissent à des stades
différents de la reproduction du virus dans les cellules.
Les inhibiteurs de la transcriptase inverse (ITI)
Ces molécules interviennent dans la cellule pour entraver
l’action d’une enzyme virale, la transcriptase inverse, et empêcher
ainsi la transcription de l’ARN du virus en ADN viral qui parasite
l’ADN de la cellule hôte. Ces produits ont été les premiers
utilisés dans la lutte contre la multiplication du virus dans
l’organisme dès les années 80 (AZT) et le début des années 90
(ddI, ddC). La famille s’est agrandie, et l’on compte
aujourd’hui près d’une dizaine d’inhibiteurs de la
transcriptase inverse : AZT (Rétrovir®), ddI (Videx®), ddC (Hivid®),
3TC (Epivir®), d4T (Zérit®), AZT+3TC (Combivir®), névirapine (Viramune®),
delavirdine (Rescriptor®), efavirenz (Sustiva®).
Les antiprotéases (AP)
En 1996, sont apparues sur le marché de nouvelles molécules
agissant à un autre stade de la reproduction du VIH en
s’attaquant à l’activité de la protéase, enzyme virale qui
permet la maturation des nouveaux virus créés par la cellule
infectée. Grâce à l’action des anti-protéases (qui sont jusqu'à
1000 fois plus puissantes que les inhibiteurs de la TI), la cellule
produit des virions immatures incapables d’infecter de nouvelles
cellules. ritonavir (Norvir®), indinavir (Crixivan®),saquinavir (Invirase®
et Fortovase®), nelfinavir (Viracept®).
2- Les multithérapies
Les premiers médicaments n’étant pas suffisamment puissants
individuellement, dès que cela été possible, les médecins ont
commencé à prescrire des bi thérapies, c’est à dire 2
inhibiteurs de la transcriptase inverse, permettant une action plus
efficace sur l’activité du virus. A partir de 1996, c’est
l’association d’une anti-protéase à deux ITI qui a donné
naissance à ce qu’on appelle les tri thérapies. On parle
maintenant de multi thérapie, car le nombre de molécules utilisées
peut varier de 2 à 5. L’utilisation de plusieurs médicaments de
plus en plus puissants est motivée par les capacités du virus à
muter et créer des résistances face aux diverses molécules qui
perdent alors de leur efficacité. En effet lors de la transcription
de l’ARN viral en ADN, la transcriptase commet des erreurs créant
ainsi des virus mutants, certaines mutations entraînant une baisse
de la sensibilité du virus aux médicaments. Le virus se
multipliant jusqu'à plusieurs milliards de fois dans l’organisme
chaque jour, le rôle des multi thérapies est notamment de réduire
considérablement et si possible rapidement cette multiplication,
limitant ainsi également les possibilités de mutation virale et
les phénomènes de résistance.
- Dès la naissance et jusqu'à 6
mois environ, le lait maternel suffit, à lui seul, à couvrir
les besoins nutritionnels du bébé. C'est le meilleur aliment
qu'il puisse recevoir. Tous les substituts du lait maternel, y
compris le lait de vache, les préparations pour nourrissons, le
lait en poudre et les bouillies de céréales, sont moins
nourrissants.
- Même dans les régions chaudes et
sèches, l'eau contenue dans le lait maternel suffit à
satisfaire les besoins du bébé. Il n'est donc pas nécessaire
de lui donner en plus de l'eau ou des boissons sucrées pour
apaiser sa soif. Cette pratique peut même être nocive, car
l'eau ou d'autres boissons préparées avec de l'eau augmentent
pour l'enfant le risque de diarrhées et d'autres maladies.
- A partir de 6 mois environ, le bébé
a besoin d'autres aliments et boissons. Si la pesée mensuelle
indique qu'un bébé de moins de 6 mois ne grandit pas
normalement, il se peut qu'il ait besoin d'être allaité plus
souvent. Si malgré cela l'enfant ne prend pas de poids, c'est
qu'il est malade ou qu'il a dorénavant besoin d'autres aliments
en plus du lait maternel.
- Jusqu'à l'âge de 9 à 10 mois,
il faudrait d'abord donner le sein à l'enfant et ensuite
seulement les autres aliments. La mère devrait continuer à
allaiter l'enfant bien au-delà de l'âge d'un an et plus
longtemps encore si c'est possible.
2- Le bébé devrait être mis au
sein aussitôt que possible après sa naissance. Pratiquement toutes
les mères peuvent allaiter leur bébé.
- La mère et son nouveau-né
devraient partager la même chambre. Le bébé devrait être mis
au sein aussi souvent qu'il le souhaite.
- Si une mère accouche dans une
maternité, elle a le droit de s'attendre à ce que le bébé
reste près d'elle, dans la même chambre 24 heures par jour et
ne reçoive aucun aliment ni aucune boisson autre que le lait
maternel.
- Commencer à donner le sein immédiatement
après la naissance stimule la sécrétion de lait.
L'allaitement devrait commencer au plus tard une heure après la
naissance.
- Le lait épais et jaunâtre (appelé
colostrum) que la mère sécrète les quelques premiers jours
après l'accouchement est bon pour le bébé. C'est une
excellente nourriture qui contribue à le protéger contre les
infections courantes. En attendant que la lactation commence, le
nouveau-né n'a besoin d'aucune autre nourriture ou boisson.
Dans certains pays, on recommande aux mères de ne pas donner à
leur bébé le colostrum. Ce conseil est mauvais.
- Beaucoup de mères ont besoin
d'aide lorsqu'elles commencent à allaiter, surtout si c'est
leur premier enfant. Une personne compréhensive et compétente,
par exemple une femme qui a déjà allaité avec succès, peut
conseiller la mère et l'aider à éviter ou à résoudre les
problèmes les plus courants.
- La position du bébé pendant la tétée
joue un rôle très important. S'il n'est pas correctement placé,
les problèmes suivants peuvent apparaître:
- les mamelons deviennent
douloureux ou gercés;
- l'arrivée du lait est
insuffisante;
- le bébé refuse de téter.
- La position du bébé est bonne
si:
- le bébé est entièrement
tourné vers la mère;
- le bébé tète de grandes
gorgées de lait;
- le bébé est détendu et
heureux;
- la mère ne ressent aucune
douleur aux mamelons.
- Presque toutes les mères peuvent
avoir assez de lait si:
- le mamelon est présenté
correctement au bébé;
- le bébé tète aussi souvent
et aussi longtemps qu'il le désire, y compris la nuit.
- Si un bébé pleure, cela ne veut
pas dire qu'il a besoin d'aliments. Normalement, il pleure parce
qu'il a besoin d'être bercé et câliné davantage. Certains bébés
ont besoin de téter uniquement pour se rassurer. S'il a faim,
il tétera davantage et sa mère aura plus de lait.
- Les mères qui craignent de ne pas
avoir assez de lait donnent souvent à leur bébé d'autres
aliments ou boissons au cours des premiers mois. Le bébé tétera
alors moins souvent sa mère, qui de ce fait aura moins de lait.
Pour l'éviter, il faut rassurer les mères en leur expliquant
que le lait maternel suffit à lui seul pour nourrir
correctement un bébé. Elles ont besoin des encouragements et
de l'aide active de leur famille, du père de l'enfant, de leurs
voisins, de leurs amis, des agents de santé et des associations
féminines.
- Les mères qui travaillent à
l'extérieur ont besoin d'un congé de maternité suffisamment
long, de pauses pour allaiter durant la journée et de crèches
sur le lieu de travail où quelqu'un prenne soin du bébé. Les
employeurs et les syndicats ont donc aussi leur rôle à jouer
pour encourager l'allaitement maternel.
- Le mari, la famille et la
communauté peuvent contribuer à protéger la santé aussi bien
de la mère que de l'enfant en s'assurant que la mère mange
suffisamment et en l'aidant dans ses nombreuses tâches.
- L'allaitement peut être pour la mère
l'occasion de prendre quelques minutes d'un repos bien nécessaire.
Le mari et d'autres membres de la famille pourront y contribuer,
en incitant la mère à s'allonger au calme pendant la tétée.
3-L'allaitement stimule la sécrétion
de lait. Les tétées doivent être fréquentes afin que la mère
produise suffisamment de lait pour satisfaire les besoins
nutritionnels du nouveau-né.
- Dès la naissance, le bébé
devrait téter aussi souvent qu'il le désire. Le plus souvent,
il se met à pleurer lorsqu'il a faim. Des tétées fréquentes
sont nécessaires pour que la mère ait plus de lait.
- Des tétées fréquentes empêchent
les mamelons d'enfler et d'être douloureux.
- Lorsque l'on "complète"
l'allaitement maternel par du lait en poudre, des préparations
pour nourrissons, du lait de vache, de l'eau ou d'autres
boissons, l'enfant tète moins sa mère, qui de ce fait aura
moins de lait. Si l'on utilise un biberon pour donner d'autres
boissons au bébé, celui-ci risque d'arrêter tout à fait de téter
le sein de sa mère. Cela peut aussi le perturber, car le mode
de succion est différent selon qu'il s'agit d'un biberon ou du
sein maternel. Si le bébé est perturbé par le passage du sein
à la tétine, il tète moins, ce qui a pour effet de diminuer
la quantité de lait maternel sécrété.
4-L'allaitement au sein contribue
à protéger le bébé et le jeune enfant contre des maladies
meurtrières. L'alimentation au biberon peut provoquer des maladies
graves et même entraîner la mort.
- Le lait maternel constitue le
premier "vaccin" du bébé. Il contribue à le protéger
contre la diarrhée, la toux, les rhumes et les autres maladies
courantes. La protection est plus efficace lorsque le bébé ne
reçoit que le lait maternel jusqu'à 6 mois environ.
- Le lait de vache, les préparations
pour nourrissons, le lait en poudre, la bouillie de maïs et les
autres aliments pour bébés n'assurent aucune protection
particulière contre la diarrhée, la toux, les rhumes et les
autres maladies.
- L'alimentation au biberon peut
provoquer des maladies comme la diarrhée, à moins que l'eau
soit bouillie et les biberons et tétines stérilisés dans de
l'eau bouillante avant chaque emploi. Le risque de malnutrition
est d'autant plus grand que le bébé est plus souvent malade.
C'est pourquoi dans les communautés qui ne disposent pas d'eau
potable, un bébé nourri au biberon est beaucoup plus exposé
au danger de mourir par suite de diarrhée qu'un bébé nourri
exclusivement au sein jusqu'à 6 mois environ.
- Il faut aider les mères à
allaiter leur bébé. Si, pour une raison quelconque, une mère
n'allaite pas, on devrait l'aider à nourrir correctement son
enfant et à le protéger contre les maladies.
- Si, pour une raison quelconque,
l'allaitement maternel est impossible, le meilleur aliment qu'un
bébé puisse recevoir est le lait tiré des seins de sa mère.
On le lui donnera à l'aide d'une tasse très soigneusement
nettoyée. Les tasses présentent moins de risques que les
biberons et les tétines parce qu'il est plus facile de bien les
nettoyer.
- Si un bébé ne peut pas recevoir
le lait de sa mère, la meilleure nourriture que l'on puisse lui
donner est le lait d'une autre mère.
- Si l'on est obligé d'utiliser du
lait autre que du lait de femme, on le donnera au bébé à
l'aide d'une tasse propre plutôt qu'au biberon. Le lait en
poudre devrait être préparé avec de l'eau bouillie que l'on a
laissée refroidir.
- Un bébé nourri avec du lait de
vache, des préparations pour nourrissons ou du lait en poudre
risque de ne pas grandir normalement si on ajoute trop d'eau à
la préparation pour la faire durer plus longtemps.
- Le lait de vache et les préparations
à base de lait en poudre se gâtent si on les laisse plusieurs
heures à la température ambiante. Le lait maternel, en
revanche, peut se garder sans danger au moins huit heures à
cette température.
- Dans les communautés à faible
revenu, le coût du lait de vache ou du lait en poudre, plus les
biberons, les tétines et le combustible pour faire bouillir
l'eau, peut représenter le quart, voire la moitié, du revenu
familial.
5-A partir de 6 mois environ, un
nourrisson a besoin d'aliments variés en plus du lait maternel,
mais la mère devrait continuer à allaiter son enfant bien au-delà
de l'âge d'un an et même plus longtemps si c'est possible.
- Même si à partir de 6 mois
environ, un nourrisson a besoin d'autres aliments en plus du
lait maternel, celui-ci demeure une source importante d'énergie,
de protéines et d'autres nutriments, tels que la vitamine A, et
contribue à protéger l'enfant contre la maladie au cours de sa
deuxième année de vie.
- Une mère peut allaiter son enfant
aussi longtemps qu'elle le souhaite, mais il est préférable,
pour sa santé et celle de ses enfants, qu'elle évite une
nouvelle grossesse tant que son plus jeune enfant n'aura pas
atteint l'âge de 2 ans. La plupart des méthodes permettant d'éviter
la grossesse - y compris les préservatifs, les stérilets, et
la stérilisation volontaire - n'ont pas d'effet sur
l'allaitement au sein. Les "mini pilules" et les
contraceptifs injectables n'influent pas sur la lactation pour
autant qu'ils ne contiennent pas d'œstrogènes. En revanche,
les pilules contraceptives traditionnelles peuvent réduire la
quantité de lait maternel sécrété.
- Un bébé tombe fréquemment
malade lorsqu'il commence à aller à quatre pattes, à marcher
et à jouer. Un enfant malade a besoin du lait de sa mère. Le
lait maternel est un aliment nourrissant et facile à digérer
pour un enfant qui a perdu l'appétit et ne veut pas d'autres
aliments.
- Si le lait maternel est toujours
bon pour l'enfant âgé de 1 à 2 ans, celui-ci a également
besoin des aliments que consomme la famille. Le lait maternel
peut être donné avec le repas, entre les repas ou chaque fois
que l'enfant a faim. Mais à cet âge, tous les enfants ont
besoin d'autres aliments en plus du lait maternel. Au cours de
la deuxième année, le lait maternel devrait compléter, et non
remplacer, les repas ordinaires.
- L'allaitement au sein réconforte
également le bébé lorsqu'il est effrayé, qu'il a mal, qu'il
est en colère ou qu'il pleure.
6-Une mère qui allaite son enfant a 98% de chances d'éviter une
nouvelle grossesse pendant six mois après l'accouchement , si
elle nourrit son bébé au sein fréquemment, de jour comme de nuit,
si elle ne lui donne pas habituellement d'autres aliments ou
boissons et si ses règles ne sont pas revenues.
- L'on sait aujourd'hui que la
succion du sein par le nourrisson au cours de la tétée retarde
le retour de la fécondité. Chez certaines femmes, l'absence de
règles due à l'allaitement peut se prolonger jusqu'à 12 mois
après l'accouchement, voire davantage, alors que chez d'autres
elle ne dure que trois ou quatre mois.
- La fréquence avec laquelle un bébé
tète le sein de sa mère est le plus important des facteurs déterminant
le temps qui s'écoulera entre l'accouchement et le retour des règles.
- Si les tétées au sein sont très
fréquentes (à la demande, y compris la nuit), l'absence des règles
sera beaucoup plus longue. Mais si les tétées se limitent à
une routine régulière, le rétablissement des règles sera
beaucoup plus rapide. Ou encore, si une mère donne d'autres
aliments ou boissons à son bébé de moins de 6 mois, celui-ci
risque de téter moins souvent, ce qui peut avoir pour effet de
hâter le retour des règles.
- Le retour des règles indique que
la mère peut devenir enceinte à nouveau.
- Une mère peut cependant redevenir
enceinte sans que ses règles soient revenues, surtout lorsque
six mois se sont écoulés depuis la naissance de son bébé.
Une femme qui souhaite éviter une nouvelle grossesse devrait
choisir une autre méthode de planification familiale dans les
cas suivants:
- son bébé a atteint l'âge de
6 mois;
- elle a de nouveau ses règles;
- elle a commencé à donner à
son bébé d'autres aliments et boissons en plus du lait
maternel.
- Que la mère décide ou non
d'allaiter son bébé, le personnel de la maternité ou de l'hôpital
dans lequel l'enfant est né devrait donner aux parents des
conseils en matière de planification familiale. Une sage-femme
qualifiée peut aussi être en mesure de les conseiller si
l'accouchement a eu lieu à la maison.
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