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Les hémorragies
1. Qu'est-ce qu'une hémorragie
?
L'hémorragie est un écoulement de
sang important en dehors du système circulatoire.
On rencontre trois sortes d'hémorragies
:
- externe : on voit le sang couler
par une lésion ;
- extériorisée : on voit le sang
couler par un orifice naturel tel que la bouche, le nez,
l'oreille, le vagin, l'anus, l'urètre ;
- interne : on ne voit pas le sang
couler.
Facteurs de gravité
La gravité de l'hémorragie augmente
avec la quantité de sang perdu, car le sang est indispensable pour
transporter l'oxygène vers le cerveau, le coeur, le rein, le foie
et tous les autres organes. C'est pourquoi il faut arrêter l'hémorragie
le plus tôt possible.
Dans le cas d'une hémorragie
interne, la compression d'organes par le sang peut aggraver l'état
de la victime. C'est le cas par exemple :
- des hémorragies dans le cou : détresse
ventilatoire par compression de la trachée,
- des hémorragies dans le crâne :
la compression du cerveau entraîne des troubles de la
conscience, voire une paralysie ou un arrêt ventilatoire,
- des hémorragies dans le thorax :
compression du cœur ou des poumons, avec des troubles
ventilatoires ou circulatoires.
Enfin des hémorragies extériorisées
peuvent être le signe de traumatismes ou de maladies graves, par
exemple lors de l'écoulement de sang par les oreilles, le nez, les
crachements de sang, le sang dans les urines, ...
2. Les hémorragies externes
Conduite à tenir
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Sauveteur
sans matériel
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En
équipe
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- Arrêter le saignement
par une compression
- Placer la victime en
position d'attente (allonger)
- Alerter les secours
- Surveiller la victime
jusqu'à l'arrivée des secours
- Ne pas donner à boire.
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- Utiliser des gants à
usage unique
- Relayer la compression
du sauveteur isolé
- Réaliser le bilan détaillé
des fonctions vitales
- installer la victime en
position d'attente si nécessaire, emballer la plaie,
couvrir
- administrer de l'oxygène
- alerter la régulation médicale
- surveiller
- assister l'équipe médicale
si nécessaire (perfusion, brancardage, ...)
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La compression locale
Les risques liés au contact du
sang
Les maladies concernées sont le SIDA
et les hépatites B et C. Il n’existe pas de risque de
contamination pour le sauveteur lorsque sa peau est en contact avec
le sang d’une victime, à condition d’avoir une peau saine. Dans
le cas où la peau du sauveteur est lésée (plaie, coupure), ce
risque existe mais demeure faible.
Pour se protéger, le secouriste en
équipe utilise systématiquement des gants à usage unique. Le
sauveteur isolé n’a pas de gants sur lui. Il est souhaitable
qu’il interpose entre lui et la victime une protection sommaire
telle qu’un sachet en plastique, à condition que cela puisse se
faire sans délai. Si aucune protection de fortune n’est
facilement disponible, il appuyera directement, en se souvenant de
l’existence du risque si sa propre peau est lésée.
Comment faire ?
La compression se fait simplement
avec la main, ou si possible avec des compresses stériles ou un
pansement « américain ».
Si la victime est sur le dos et que
l'hémorragie siège sur un membre, on surélève le membre pour
diminuer l'afflux sanguin.
Une fois l'hémorragie arrêtée avec
la main, on met en place un pansement compressif (PAC ou CHUT).
Exception : en cas de saignement au cou, on ne peut placer le PAC.
Si la compression locale est
inefficace ou impossible (corps étranger, fracture ouverte), on
procède à la compression à distance.
La compression à distance
Pour arrêter une hémorragie, on
peut comprimer une artère entre le coeur et l’hémorragie, le
plus souvent contre une structure sous-jacente rigide, le plus
souvent un os. Cela peut se faire à de multiples endroits, comme le
montre la figure suivante. Cependant, seuls certains de ces points
sont enseignés en secourisme.
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tête et cou
1 : artère occipitale,
2 : artère temporale superficielle,
3 : artère faciale (contre le maxillaire inférieur),
4 : carotide primitive (contre les vertèbres cervicales),
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Membre supérieur
5 : artère sous-clavière (environ 4 cm derrière la
clavicule),
6 : artère axillaire (dans le creux de l'aisselle),
7 : artère humérale,
8 : artère cubitale,
9 : artère radiale (juste au-dessus du poignet),
Membre inférieur
10 : artère fémorale (au pli de l'aine),
11 : artère fémorale (à la face interne de la cuisse),
12 : artère pédieuse (contre la face supérieure du scaphoïde),
13 : artère tibiale postérieure (contre la face postérieure
de la malléole interne).
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Les différents points de compression
à distance (enseignés au CFAPSE) sont :
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Siège de
l'hémorragie
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Point de
compression
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au cou
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à la base du cou
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au membre inférieur
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au pli de l'aine
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à l'épaule
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derrière la clavicule
("creux de la salière")
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partie supérieure du bras
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dans le creux de l'aisselle
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région du coude, avant
bras
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à la face interne du bras
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Les équipiers peuvent se relayer en
cas de compression prolongée.
En formation de base (AFPS), les
points de compressions enseignés sont à la base du cou, au pli de
l’aine, à la face interne du bras (référentiel 2001).
Le garrot
Le garrot doit être réalisé par un
lien large non élastique de 2,5 à 5 cm de large. Sa pose
est limitée à des circonstances exceptionnelles :
- compression à distance inefficace
(possible quoique exceptionnel sur le membre inférieur)
- membre arraché (il faut bien sûr
qu’il reste un morceau de membre pour poser le garrot !).
- accès à la victime difficile
rendant impossible la réalisation du point de compression
- victime avec point de compression
au pli de l'aine, devant être brancardée en terrain difficile,
- afflux massif de victimes, et en règle
générale dans toutes les situations où vous avez impérativement
besoin de vous libérer.
Après la pose du garrot, le siège
de l'hémorragie est emballé comme une plaie. Le garrot et
l'emballage doivent toujours rester visibles pour la surveillance.
L'heure de pose du garrot doit être mentionnée sur la fiche de
bilan.
Position d'attente
La victime qui a perdu beaucoup de
sang est placée jambes surélevées. Une fois surélevées, les
jambes ne doivent pas être descendues, même pour le relevage et le
brancard age .
3. Les hémorragies internes
Signes
On ne voit pas l'hémorragie interne
mais on peut reconnaître les signes de détresse circulatoire :
- pâleur
- décoloration des muqueuses
- froid, sueurs froides,
- soif
- anomalie du pouls (> 120 / mn,
difficile à percevoir, pas de pouls radial, ...)
- ventilation rapide
- anxiété, peur de mourir
Positions d'attente
- Victime consciente : à plat dos,
jambes surélevées;
- gène ventilatoire : 1/2 assise,
- victime inconsciente : PLS.
4. Les hémorragies extériorisées
Cas d'un accident
Saignement du nez ou de l'oreille :
c'est le signe d'un possible traumatisme crânien. Allonger la
victime en PLS.
Sang craché par la bouche : placer
la victime dans la position où elle se sent le mieux, par exemple
en position allongée, 1/2 assise si elle a du mal à respirer, sur
le côté. Il faut que la victime puisse cracher facilement le sang
dans la position où elle se trouvera.
Dans les deux cas, alerter, couvrir,
surveiller.
Cas d'un saignement spontané
Nez : comprimer la narine qui saigne,
tête en avant. Si le saignement ne s'arrête pas spontanément, prévenir
les secours.
Dans les autres cas, allonger la
victime, en PLS si elle vomit ; appeler les secours
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