|
Dépression
Savoir
La dépression est une
maladie très fréquente : les études les plus récentes
estiment qu'elle peut toucher environ une femme sur cinq
et un homme sur dix au cours de son existence.
Il s'agit, en outre, d'une
maladie grave. Les principaux risques en sont :
- le suicide (15 % des
personnes dépressives finissent par se suicider) ;
- la chronicisation (20 % des cas),
responsable d'une souffrance importante de la personne,
de son entourage, et d'un handicap social et
professionnel.
Par conséquent, il
est primordial de repérer cette affection et de faire
rapidement le diagnostic.
Celui-ci permettra la mise en route d'un traitement
adapté, le plus précocement possible, afin d'éviter
une évolution défavorable. En effet, on retrouve
souvent dans les dépressions chroniques un retard du
diagnostic, ou un traitement insuffisant.
Les principaux symptômes de la
dépression
L'humeur dépressive
Elle se différencie de la
tristesse « banale » par son intensité, son côté
extensif, et sa qualité. On parle en effet de douleur
morale. La tristesse du déprimé envahit tous les
champs de son existence et la moindre de ses expériences.
Elle n'est pas seulement rattachée à un événement
particulier ou à une difficulté précise : elle paraît
sans cause, incompréhensible, et fait parfois dire au déprimé
ou à son entourage « je ne comprends pas, j'ai (tu as)
tout pour être heureux(se) », ce qui peut
s'accompagner d'un sentiment de culpabilité.
Dans d'autres cas, il s'agit
davantage d'une indifférence (ou anesthésie affective)
: le déprimé ne réagit plus émotionnellement et
semble indifférent, lointain, par rapport aux événements
(positifs comme négatifs) ou par rapport à ses
proches. Là encore, cette anesthésie de l'humeur peut-être
culpabilisante, en particulier lorsqu'une mère ne
ressent plus ce qu'elle ressentait et «devrait »
ressentir pour ses enfants.
A l'extrême, la culpabilité
peut devenir délirante. Le sujet est alors convaincu
qu'il est une charge insupportable pour sa famille, ce
qui peut conduire au suicide, et parfois au « suicide
altruiste », drame dont les médias sont friands, où
le déprimé se supprime en emmenant sa famille dans la
mort, persuadé que c'est la seule solution pour elle et
lui.
Le
ralentissement
Le ralentissement (appelé
ralentissement psychomoteur) concerne à la fois le
psychisme et le corps :
- le ralentissement
psychique : les pensées sont plus lentes et le discours
plus pauvre. Les patients se plaignent de troubles de la
concentration, de la mémoire, de l'attention, ce qui
nuit bien évidemment à leur efficience scolaire ou
professionnelle ;
- le ralentissement moteur :
les gestes sont plus lents et plus difficiles,
l'expression faciale moins riche, le faciès figé dans
une mimique douloureuse. Le déprimé réduit peu à peu
ses activités habituelles, ou les maintient au prix
d'un effort chaque jour plus important, sentant parfois
comme une « chape de plomb » sur ses épaules.
Les symptômes
« physiques »
- troubles du sommeil :
insomnie, caractéristique lorsqu'il s'agit d'une
insomnie du petit matin (réveils précoces souvent
accompagnés de ruminations pénibles), parfois
hypersomnie (augmentation de la durée totale de
sommeil) ;
- troubles de l'appétit :
anorexie, avec ou sans perte de poids, parfois
hyperphagie (augmentation de la prise alimentaire avec
prise de poids) ;
- fatigue (asthénie) :
difficultés à démarrer le matin et les activités
habituelles nécessitant un effort important ;
- troubles de la libido :
diminution du désir sexuel, troubles de l'érection,
absence d'éjaculation et absence d'orgasme ;
- douleurs : fréquentes,
elles ne s'expliquent pas par une cause organique
(physique) ; elles peuvent consister en des céphalées,
des douleurs abdominales, articulaires, etc.
Les pensées
du déprimé
Le malade dépressif a
souvent un " système de pensées caractéristiques
", globalement négatif :
- vision négative de soi :
« je ne vaux rien », « je ne suis pas à la hauteur
», " ma vie est un échec "...
- vision négative du monde
: « le monde est hostile »...
- vision négative de
l'avenir : « l'avenir est bouché », « je ne m'en
sortirai jamais »...
Le
changement de personnalité
La dépression représente
des ruptures dans la vie du sujet : rupture dans son
fonctionnement intellectuel, dans son fonctionnement
affectif et dans ses comportements. L'entourage repère
ainsi des changements qu'il ne comprend pas, et le
malade lui-même ne se «reconnaît » parfois plus.
Cette rupture est un élément important du diagnostic.
Les causes
de la dépression
On considère que de
multiples facteurs interviennent dans la genèse d'une dépression,
et que celle-ci résulte souvent de la rencontre du «
terrain » d'une personne avec certaines circonstances défavorables.
On repère donc des facteurs
:
- environnementaux : événements
de vie (deuil, séparation, perte d'emploi) ;
- psychologiques : histoire
de la personne, souffrance pendant l'enfance, souffrance
sociale, professionnelle ou conjugale ;
- biologiques : le «
terrain » ou la « constitution » de la personne, dans
lesquels interviennent des facteurs héréditaires (les
déprimés ont, plus fréquemment que les non-déprimés,
des personnes elles-mêmes déprimées dans leur
famille).
|