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CANCER
DE LA PROSTATE
Rappel : qu'est-ce que la
prostate ?
La prostate est une glande. Elle secrète le liquide séminal.
Elle est sous la dépendance de la testostérone, hormone mâle
qui est secrétée essentiellement par les testicules et en
petite partie par les glandes surrénales.
Ainsi, le cancer de la prostate
est, comme tous les cancers glandulaires, un "adénocarcinome"
et, dans la grande majorité des cas, il est influencé par
les hormones.
La prostate a la forme d'une châtaigne,
située à la sortie de la vessie, enserrant le col vésical
et la partie initiale de l'urètre. Elle est contenue dans une
capsule qui l'isole quelque peu des autres organes voisins.
Le cancer de la prostate.
C'est le cancer le plus fréquent chez l'homme : 22 000
nouveaux cas diagnostiqués par an.
Il survient surtout dans la
deuxième partie de la vie, après 50 ans, et sa fréquence
croît régulièrement avec l'âge.
Il est la deuxième cause de
mortalité par cancer, chez l'homme
Comment
fait-on le diagnostic de cancer de la prostate ?
Les signes d'alerte ne
sont pas très spécifiques, surtout chez l'homme âgé. En
effet, une certaine difficulté à uriner, des mictions fréquentes
peuvent se voir aussi bien dans la banale hypertrophie bénigne
de la prostate que dans un cancer. Bien souvent aussi, le
cancer se développe à bas bruit.
Le diagnostic sera parfois soupçonné
par votre médecin, s'il trouve, lors d'un toucher rectal, une
modification de la glande (augmentation de volume, dureté,
surtout de façon localisée).
L'échographie pelvienne (avec
une sonde endorectale) permet de préciser ces modifications.
Un dosage dans le sang d'une
substance secrétée par les cellules de la prostate, le PSA
(Antigène Spécifique de la Prostate), montre souvent une
augmentation de ce dernier, mais une augmentation modérée
peut être due aussi à une simple inflammation bénigne.
En fait, comme pour tout
cancer, c'est la biopsie et l'examen au microscope
(histologie) qui, seuls, permettent d'affirmer ou d'infirmer
le diagnostic. La biopsie se fait par voie transrectale, par
un urologue, avec une simple anesthésie locale. Si elle est
positive, le médecin fera un bilan pour décider de la
conduite thérapeutique.
Existe
-t-il des facteurs de risque ?
Comme le cancer de la
prostate est influencé par le taux d'hormones mâles, le seul
facteur pouvant le favoriser serait un traitement par ces
hormones, d'où la grande prudence dans l'utilisation d'un tel
traitement après un certain âge, et en dehors d'indications
précises.
90 à 95 % des cancers de la
prostate se développent sans aucun facteur de risque
particulier.
Mais, ces dernières années,
on a mis en évidence la possibilité, dans 5 à 10 % des cas,
d'un facteur de risque familial. D'où la nécessité pour un
homme, qui a des parents du premier ou second degré ayant eu
ce cancer, de se faire surveiller.
Existe-t-il
des méthodes de prévention ?
Alors que le dépistage
systématique du cancer de la prostate ne semble, à l'heure
actuelle, pas indiqué, il est souhaitable, en revanche, si
vous avez plus de 50 ans, de consulter votre généraliste
tous les ans.
Il fera, entre autres, un
toucher rectal et décidera si d'autres examens sont indiqués,
notamment le dosage du PSA.
Existe-t-il
divers types de cancer de la prostate ?
Tous les cancers de la
prostate sont des adénocarcinomes, mais selon leur taille,
leur extension, leur aspect microscopique, les décisions thérapeutiques
varieront.
Il faut surtout déterminer si
le cancer est encore localisé ou s'il a envoyé des cellules
au loin, d'où la nécessité de faire des examens que vous
prescrira le médecin (radiographies, scanner pelvien,
scintigraphie osseuse…).
Comment
savoir si votre cancer est grave ?
C'est là tout le problème.
La situation est différente
suivant que le cancer est localisé ou s'il a déjà métastasé.
En effet, certains cancers
semblent pouvoir rester longtemps sans s'accroître : on sait
en effet qu'environ 30 % des hommes de plus de 50 ans vont développer
des foyers de carcinome prostatique sans aucune évolution.
D'autres, au contraire, évolueront
plus ou moins vite.
Peut-on le prévoir ?
Si le cancer est localisé, le
pronostic est fonction de :
la taille de la tumeur lors du diagnostic, et en particulier
si elle a franchi ou non la capsule prostatique, si elle
touche un seul ou les deux lobes de la glande ;
son agressivité, mesurée par divers critères définissant
le grade histologique (on parle de la classification de
Gleason, dont il existe 10 grades. Jusqu'à 6, le pronostic
est favorable) ;
et aussi le taux du PSA.
Quels sont
les grands principes de traitement ?
Les traitements
locorégionaux.
Ils visent à enlever la tumeur ou à la détruire. Il peut
donc s'agir d'une intervention chirurgicale. La
prostatectomie totale, intervention large que l'on propose
rarement après 70 ans, est souvent suivie de séquelles :
impuissance et parfois incontinence urinaire définitive ou de
quelques mois (15 à 30 % des cas, plus rarement définitive).
Sa technique a beaucoup progressé ces temps derniers.
La radiothérapie, autre méthode possible, est
responsable d'effets secondaires plus ou moins importants,
plus ou moins durables : cystite, rectite, impuissance. Les
effets sur la durée de survie de ces deux méthodes sont
comparables, d'où la proposition au patient, faite par
certains urologues, de choisir entre les deux.
Les traitements médicaux
sont basés sur le caractère hormonodépendant de la tumeur
et comportent donc des produits qui empêchent la secrétion
de testostérone. On dispose, à présent, de médicaments
puissants, dits "antiandrogènes" , très actifs.
Leurs effets secondaires sont l'impuissance et parfois une gynécomastie
(augmentation des seins).
Enfin, dans certains cas (toute
petite tumeur, de faible grade de malignité chez un homme de
plus de 70 ans), on a pu proposer une surveillance très régulière.
Les indications dépendront
des caractéristiques de votre tumeur et aussi de votre âge.
Comment
va-t-on vous suivre ?
Par des examens cliniques
répétés, joints à une échographie et un dosage du PSA.
Est-ce que
vos enfants risquent également de développer ce cancer ?
A présent, sauf s'il y a
de nombreux cas dans votre famille, compte tenu de la fréquence
de ce cancer, pas de risque particulier.
Quelques
points particuliers
Ce qui caractérise le
cancer de la prostate localisé, c'est souvent la difficulté
du choix entre chirurgie et radiothérapie et, si c'est votre
cas, il vous faudra donc discuter longuement avec l'urologue
et le radiothérapeute.
De nouvelles techniques
sont en cours d'étude dans quelques hôpitaux seulement,
notamment pour les petits cancers chez le sujet âgé :
chirurgie par cœlioscopie, traitement par laser... Il est
encore trop tôt pour pouvoir juger des résultats à moyen et
long terme.
Enfin, en ce qui concerne le
dépistage systématique, compte tenu du nombre de cas qui
sont destinés à ne jamais évoluer, il est pour le moment récusé,
mais des études sont en cours.
Un test un peu plus précis, le
dosage du PSA-libre, est également en cours d'étude dans les
cas où le taux du PSA est limite.
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